
Ca a été difficile, mais nous avons réussi a quitter Bombay. La ville était intéressante certes, mais c’est plus Alex, Mike, leur appartement et leurs repas d’anthologie que nous avons eu du mal a laisser. Merci encore pour l’accueil les amis. Parfois, il faut l’avouer, ca fait du bien de se retrouver entre Français, de manger Français, et d’écouter un bon petit tryo!
Apres cette pause d’une semaine, “on the rails again” direction…le Rajasthan.
Parlons du train en Inde... tous un peu vieillissants, mais en bon état, et plutôt confortables. Le réseau ferroviaire est très développé et relie toutes les principales villes indiennes. Pour le coup, on peut remercier nos amis les anglais. Ensuite, pendant les trajets, animation assurée: au bout de quelques minutes, les gens se mettent a parler entre eux, les vendeurs de chai, de samossas et de boissons diverses parcourent sans cesse les wagons... les déchets finissent a la poubelle: c’est aussi comme ca qu’on peut surnommer les voies ferroviaires du pays. Et nous, au milieu de tout ca, on fait souvent l’attraction. Chacun de nos gestes est surveille, analyse... pas évident de se curer le nez dans ces conditions ;-)
Nous arrivons a Udaipur, après 15 h de train. Udaipur est une ville du sud du Rajasthan, ou le maharaja avait choisi de s’implanter il y a 5 siècles environ. Et lorsqu’un maharaja s’implante quelque part, il ne fait pas semblant. On commence par creuser un lac, puis viennent les palaces, les temples, les fortifications et les maisons bien sur. Le résultat est superbe. Bien que le lac soit a sec, le palais est grandiose, les rues sont-elles aussi très charmantes, et les maisons multicolores. On arrive vraiment dans le berceau de la culture indienne et par chance, peu de touristes en cette saison, ce qui nous permet de dégotter une chambre d’hôtel bon marche (3euros pour deux) dans une vielle bâtisse au bord du lac (enfin du trou). En fait on regrette rapidement. Le proprio de l’hôtel profite de cette période creuse pour effectuer des travaux, mais les maçons sont venus avec un peu de retard... les travaux qui devaient s’arrêter a 21h commencent a cette même heure. Ils s’arrêteront a 4h30 du matin, après que Fab, aillant perdu une boule kies pendant son sommeil, soit descendu en furie voir le proprio.
Les étapes du Rajasthan sont rapides, et on ne reste pas plus d’un ou deux jours dans chaque site. D’Udaipur, nous prenons un bus vers Chittorgah, petite ville très peu touristique mais qui vaut le détour. Un couple de sourds muets nous fait la discussion pendant les 3h de trajet qui passent finalement très vite. On apprend au passage l’alphabet en langue des signes.
En découvrant la ville de Chittorgah, on est combles. Une fois de plus, pas de blancs, ce qui nous vaut de nombreuses sollicitations. En revanche, de nombreux touristes indiens viennent visiter le fort, et la centaine de temples qui se trouvent a l’intérieur. Nous les imitons et Salim, notre chauffeur de rickshaw, nous promène pendant 3h de temple en temple ou de ruine en ruine. On aura même l’occasion d’essayer son rickshaw... vraiment cool ce Salim. On lui paie quelques jus de mangue pour le remercier (a 10 centimes d’euros le verre, ca se fait). Nous même on a tendance a abuser de ces jus si bon marche.
Enfin, on va pas non plus rester plus de 24h dans un même endroit! On reprend la route pour Bundi, un poil plus touristique, mais ce n’est toujours pas la saison. Et vu que les touristes ne sont plus la, les prix chutent! Pour pas grand-chose, on se retrouve tout seuls dans un superbe hôtel. C’est dans cette hôtel que Fab s’initie a la coiffure. Mat, le cobaye, est satisfait, tout va bien!
Les bundiens parlent donc un peu anglais, et ils adorent le pratiquer... avec nous. C’est sympa au début, mais au bout de quelques minutes, plus grand-chose a dire, et on a du redoubler d’imagination pour mettre un terme a certaines discussion qui trainaient. Ici, au moins 40 fois par jour: ”hello, you from? Your name?”.
Encore une fois, la ville regorge de trésors architecturaux: de nombreux temples, un énorme et magnifique palace, un fort, et de nombreux puits disperses dans la cite. Et encore une fois, la ville est très colorée, avec une dominante bleue.
C’est a Bundi que Kipling s’est pose pour écrire le livre de la jungle. On a vu ni tigre, ni ours ni panthères, mais que de singes! Ils se promènent partout dans la ville, se servant des fils électriques comme moyen de transport. Des qu’on monte vers les temples, on a vite fait de se retrouver face a quelques dizaines de spécimens, et on se dit qu’il faudrait mieux éviter de les fâcher.
Autre particularité de Bundi, les chauves souris... on n’en a jamais vu autant. Elles nichent dans les temples la journée, et la nuit tombée, le festival commence: des nuées de chauves souris volent au dessus de la ville a la recherche de... je sais pas ce que mange une chauve souris... ce que je sais c’est qu’une fois digéré, ce repas a une odeur infecte, qu’on retrouve jusqu’à notre chambre d’hôtel, qui néanmoins reste charmante.
Nous avons vraiment apprécié ces trois premières villes du Rajasthan, et a ce stade, on est a l’apogée de notre enthousiasme pour l’inde. Le dépaysement est au rendez-vous: toutes les femmes sont habillées en saris orange, en jaune, en vert, en violet, en jaune….a elles seules, déjà un spectacle. Ensuite, la musique, qui varie a chaque coin de rue, d’un rickshaw ou d’un tracteur a l’autre. En plus des vaches, et des singes, un autre étrange animal se montre parfois au milieu de ces villes: le dromadaire, dont on est tous les deux tombes amoureux.
Rajoutez a cela ces veilles bâtisses multicolores, les étalages de fruits et légumes, les boutiques d’artisans de tous genres tous les 10 mètres, les odeurs d’encens, et des gens toujours curieux de nous voir, avec en prime le sourire aux lèvres.
Il reste cependant un petit hic a tout ca. La température! Vous aller comprendre pourquoi ca n’est pas la saison. Au fil des villes citées elle monte, jusqu’a friser les 45 degrés. C’est dans ces conditions qu’on se rend a Pushkar; Les 4 heures de bus sont éprouvantes, puisque le bus se remplit, se remplit, tandis que la température monte, monte. C’est donc assez affaiblis mentalement et physiquement que nous arrivons dans cette superbe mais touristique ville. Et comme ce n’est toujours pas la saison, le peu de touristes qui ont décidé de braver la température se font alpaguer. Notre impression des gens est vraiment mauvaise dans cette ville. Ils ont tout simplement été pourris par le tourisme, et j’ai envie de vous déconseiller d’y mettre les pieds.
ATTENTION: le paragraphe ci-dessus a été écrit sous fatigue et énervement, a prendre avec modération ;-)
Car il faut le dire, l’Inde est aussi un pays usant, et même sans avoir fait d’efforts particuliers après une journée, on est tout simplement crevé (la chaleur, répondre aux questions ”hello, you from? Your name?”, se débarrasser des colporteurs omniprésents, ne pas se faire écraser par un deux roues, éviter les bouses de vaches….)
Apres une semaine de Rajasthan, nous décidons de changer d’air et d’aller rendre visite a notre ami Dalai, qui loge en ce moment a Dharamsala. La ville se trouve tout au nord de l’Inde, et il fait beaucoup plus frais. Mais long trajet en bus obligatoire pour y arriver. On enchaine donc Pushkar-Delhi (10h de bus sleeper) et Delhi-Dharamsala (12h assis). Tandis que le premier trajet se déroule sans embuches (sans sommeil non plus), on est pas prêts d’oublier le deuxième.
Des la réservation, ca sent mauvais, le bus censé décoller a 4h30 arrive a 6h30, et pas de vrais sièges pour nous. On réussira (involontairement) a échanger nos places avec une sexagénaire, honte a nous….enfin le bus part, et surprise attendue, la clim se coupe au bout d’une heure. Les glandes sédatives des passagers se mettent en marche, on vous laisse imaginer le parfum…merci l‘aromaforce. Pour couronner le tout, le driver se prend pour Fangio, et pense avoir une force India dans les mains. Une fois la clim rétablie, le convoi commence a s’assoupir, quand des crissements de pneu, suivis de coups de volant et d’un gros fracas nous ramènent a la réalité! On vient de heurter violemment l’arrière d’un autre autocar, qui lui-même a heurte une voiture, dont il ne reste qu’une moitie. Chez nous, ca aurait été immobilisation de tous les véhicules, appel des secours, limite mise en place d’une cellule psychologique, etc.,…mais la, les bus continuent. Les assistants du chauffeur arrachent simplement le pare brise en marche, et nous ne nous arrêterons qu’une vingtaine de km plus tard, c’est-à-dire quand le bus de devant a décidé de stopper sous la pression des passagers. Le driver, qui avait apparemment bu, a heurte de plein fouet la voiture, et n’a pas ose s’arrêter. On ne saura jamais ce qu’il est advenu des occupants, puisqu’on reprend la route de Dharamsala sans pare-brise. On changera finalement de bus apres deux heures de route, et on arrivera de bon matin…..a la fraicheur de l’altitude, enfin!
Tout se que nous attendions se trouve a Dharam…moines tibétains, montagnes, travellers, et fraicheur. On va même pouvoir s’offrir une bière pour nos 5 mois…et oui, quasiment mi parcours déjà!
...C’est rate pour la bière car Mat est malade (a son tour...). Heureusement, Dharamsala est aussi une ville agréable pour se reposer !! Et c’est en gros ce que nous avons fait ces 4 derniers jours. Forcé pour Mat et voulu pour Fab ;-) qui aura quand même réussi a trouver la motivation nécessaire pour une journée de trekking dans les montagnes.
Nous repartons ce soir pour Delhi (avec certainement le même bus qu’a l’aller... Pas le même chauffeur svp !!!) ou nous devons retrouver Audrey et Ludivine (une amie d’Audrey) qui vont nous accompagner jusqu’au Nepal (pourvue que la mousson nous laisse tranquille...).
Bise a tous,
Mat & Fab. |